Déclin et chute de la civilisation industrielle

Entre la conquête de la galaxie et le retour à l’âge de pierre pour les plus chanceux, entre le transhumanisme et l’extinction de l’espèce humaine, il y a la vision de John M. Greer, étayée par les leçons de l’histoire, l’analyse systémique, l’écologie, l’économie, les techniques appropriées et la spiritualité. Les aspects techniques de son raisonnement se retrouvent dans plusieurs de ses livres (The Long Descent, The Ecotechnic Future) et des fictions (Star’s Reach), son blog et quelques articles traduits en français, en particulier celui sur l’effondrement catabolique.

Comme il le dit, tous les indicateurs de crise sont au rouge et il me parait important de ne pas se leurrer sur la direction de fond que nous prenons mais il ne faut pas non plus baisser les bras. Certes, toutes les civilisations ont une fin mais cela peut se passer de diverses manières, plus ou moins désagréables. Cette fiction est très sombre, la plus sombre qu’il offre, mais d’une certaine manière elle se termine bien, à la fin il reste deux milliards d’humains qui pourront entamer de nouvelles aventures.

Déclin et chute de la civilisation industrielle[1]

Montenegro  RuinsJe sais très bien que beaucoup de gens pensent qu’une telle chose ne peut se produire, que le progrès a été rendu irréversible par la science, la technologie ou d’autres facteurs. Je suis aussi conscient que beaucoup de gens estiment que le progrès n’est peut-être pas encore irréversible mais qu’il le sera avec un tout petit effort. Ces affirmations sont, et je suis charitable, simplement basées sur la foi. Faire des généralisations sur un échantillon unique, et dont le processus est encore en cours, est un procédé scientifique déplorable. Insister sur le fait que, cette fois-ci, la loi des rendements décroissants[2] sera suspendue pour nos beaux yeux est l’antithèse de la science. Cela reviendrait à considérer le progrès comme une sorte de fée bienveillante sur laquelle on pourrait toujours compter pour donner un petit coup de baguette magique pour nous donner un futur merveilleux, tout simplement parce qu’on le voudrait. Lire la suite

Les cadeaux de la mort

Interprétation d’un article de George Monbiot.

Ils n’ont besoin de rien, ils ont déjà tout, ils ne désirent même rien. Vous leur achetez donc un bonhomme de neige dansant à énergie solaire, une brosse pour le nombril, un déambulateur gonflable, ou une carte du monde à gratter pour identifier les pays visités.

TerryCes cadeaux semblent amusants le jour de Noël, idiots le deuxième et embarrassants le troisième. Ils finiront à la décharge après douze jours. Pour trente secondes de divertissement douteux, pour un stimulus hédoniste qui ne dure pas plus longtemps qu’une bouffée de nicotine, nous commandons l’utilisation de matériaux dont les impacts se déploieront durant des générations. Lire la suite

Une économie de guerre pour sortir du nucléaire

Deux articles parus ces jours dans le NF évoquent la difficulté à sortir du nucléaire.

Jean-Yves Gabbud fait remarquer dans le NF du 10 décembre que la sortie du nucléaire posait divers problèmes et en particulier celui de la préparation du jour où une centrale serait définitivement éteinte. La perte d’énergie ce jour là devra être compensée par une énergie qui devrait être disponible au même moment. Ce qui signifie qu’à la veille de l’extinction nous disposerions de l’énergie de la centrale ET de l’énergie de remplacement (étant entendu que cette énergie ne proviendra pas de combustibles fossiles ou de nucléaire importé). Cette surcapacité énergétique aura forcément un impact sur les prix du marché et surtout sur nos habitudes de consommation qui vont immédiatement s’adapter à ce surplus, rendant évidemment difficile voir impossible une soudaine coupure d’approvisionnement. Lire la suite

Pétrole US : c’est Noël

Il n’aura échappé à personne la bonne nouvelle largement reprise par tous les médias : grâce aux gaz et pétrole de schiste les USA vont redevenir premiers producteurs de pétrole dès 2017 et encore mieux, exportateurs dès 2020.

Cette annonce, juste avant les fêtes de Noël dans un climat de morosité économique générale, tombe vraiment à pic. Lire la suite

Le litre d’essence à 5 francs pour 2050 ?

C’est ce que souhaite la conseillère fédérale Mme Widmer-Schlumpf pour l’horizon 2050 afin de réduire les émissions de CO2 et favoriser les économies d’énergie.

Je ne peux bien sûr qu’applaudir à cette mesure et louer le courage de Mme Widmer-Schlumpf qui s’attaque à notre consommation toxicomaniaque d’énergies fossiles tout en considérant un horizon politique aussi lointain. C’est carrément du suicide.

Je me demande toutefois si Mme Widmer-Schlumpf et ses conseillers tiennent encore compte du pic pétrolier. Diverses déclarations récentes l’ont quasiment enterré, sur la base de d’arguments aussi variés qu’optimistes. On ne peut que s’inquiéter du degré ahurissant d’incertitude dans l’industrie la plus vitale pour l’avenir de l’économie mondiale, mais aussi la plus mortelle pour l’environnement[1].

Les faits rappellent heureusement que le pic du pétrole conventionnel et bon marché est derrière nous. Le litre d’essence s’est installé à presque 2 francs et l’hectolitre de mazout s’est installé à 100 francs (40 francs en 2003 ! [2]).

Les gaz de schiste, les forages arctiques rendus possibles lorsque la calotte glaciaire aura fondu par notre faute, la transformation en essence des derniers et malheureusement abondants gisements de charbon nous permettront de rouler en voiture individuelle encore plusieurs décennies mais le prix de l’essence continuera de monter.

Il montera jusqu’à ce que son prix devienne prohibitif, c’est d’ailleurs ce qu’espère Mme Widmer-Schlumpf en augmentant les taxes, et de plus en plus de gens cesseront de consommer. Ils n’iront plus se balader en voiture tous les weekend, ils ne feront plus des dizaines de micro-déplacements par semaine, ils n’amèneront plus leurs enfants à l’école en voiture, ils iront au travail à pied, à vélo ou en transport public, ils déménageront pour être plus proche de leur job ou en changeront, ils achèteront des voitures légères, ils construiront plus petit et plus facile à chauffer, ils achèteront local car moins cher, ils n’iront plus en vacances en avion, d’ailleurs les compagnies aérienne low cost auront fait faillite.

En 2050, l’essence coûtera très cher et ceux qui auront des véhicules à essence seront les militaires, la police, les services publics, les grandes entreprises et quelques riches nostalgiques. Les autres auront des vélos ou des mulets.

Et je vous garantis que, contrairement aux apparences, ce scénario est optimiste parce dans le scénario pessimiste « business as usual » nous sommes tous cuits.

Valais : grand bond en avant nécessaire

Les perspectives valaisannes sont sombres : arrêt brutal du bétonnage d’altitude, baisse du tourisme, baisse de la consommation de vin, future diminution des zones à bâtir, correction du Rhône, déboire du FC Sion. J’en passe et ne mentionne même pas le changement climatique et la crise économique qui frappe déjà nos voisins.

Il est temps d’agir ! Lire la suite

Animanca : bravo la Migros !

Un an après les Nanos™, vous vous souvenez certainement de cet assortiment de gélules géantes maquillées contenant une bille, voilà que la Migros réitère une opération marketing ciblant les enfants pour qu’ils poussent leurs parents à la consommation tout en intégrant joyeusement les bases du consumérisme compulsif, de la recherche constante de nouveauté et de la collectionnite aigüe. Lire la suite