Une économie de guerre pour sortir du nucléaire

Deux articles parus ces jours dans le NF évoquent la difficulté à sortir du nucléaire.

Jean-Yves Gabbud fait remarquer dans le NF du 10 décembre que la sortie du nucléaire posait divers problèmes et en particulier celui de la préparation du jour où une centrale serait définitivement éteinte. La perte d’énergie ce jour là devra être compensée par une énergie qui devrait être disponible au même moment. Ce qui signifie qu’à la veille de l’extinction nous disposerions de l’énergie de la centrale ET de l’énergie de remplacement (étant entendu que cette énergie ne proviendra pas de combustibles fossiles ou de nucléaire importé). Cette surcapacité énergétique aura forcément un impact sur les prix du marché et surtout sur nos habitudes de consommation qui vont immédiatement s’adapter à ce surplus, rendant évidemment difficile voir impossible une soudaine coupure d’approvisionnement. Lire la suite

Pétrole US : c’est Noël

Il n’aura échappé à personne la bonne nouvelle largement reprise par tous les médias : grâce aux gaz et pétrole de schiste les USA vont redevenir premiers producteurs de pétrole dès 2017 et encore mieux, exportateurs dès 2020.

Cette annonce, juste avant les fêtes de Noël dans un climat de morosité économique générale, tombe vraiment à pic. Lire la suite

Le litre d’essence à 5 francs pour 2050 ?

C’est ce que souhaite la conseillère fédérale Mme Widmer-Schlumpf pour l’horizon 2050 afin de réduire les émissions de CO2 et favoriser les économies d’énergie.

Je ne peux bien sûr qu’applaudir à cette mesure et louer le courage de Mme Widmer-Schlumpf qui s’attaque à notre consommation toxicomaniaque d’énergies fossiles tout en considérant un horizon politique aussi lointain. C’est carrément du suicide.

Je me demande toutefois si Mme Widmer-Schlumpf et ses conseillers tiennent encore compte du pic pétrolier. Diverses déclarations récentes l’ont quasiment enterré, sur la base de d’arguments aussi variés qu’optimistes. On ne peut que s’inquiéter du degré ahurissant d’incertitude dans l’industrie la plus vitale pour l’avenir de l’économie mondiale, mais aussi la plus mortelle pour l’environnement[1].

Les faits rappellent heureusement que le pic du pétrole conventionnel et bon marché est derrière nous. Le litre d’essence s’est installé à presque 2 francs et l’hectolitre de mazout s’est installé à 100 francs (40 francs en 2003 ! [2]).

Les gaz de schiste, les forages arctiques rendus possibles lorsque la calotte glaciaire aura fondu par notre faute, la transformation en essence des derniers et malheureusement abondants gisements de charbon nous permettront de rouler en voiture individuelle encore plusieurs décennies mais le prix de l’essence continuera de monter.

Il montera jusqu’à ce que son prix devienne prohibitif, c’est d’ailleurs ce qu’espère Mme Widmer-Schlumpf en augmentant les taxes, et de plus en plus de gens cesseront de consommer. Ils n’iront plus se balader en voiture tous les weekend, ils ne feront plus des dizaines de micro-déplacements par semaine, ils n’amèneront plus leurs enfants à l’école en voiture, ils iront au travail à pied, à vélo ou en transport public, ils déménageront pour être plus proche de leur job ou en changeront, ils achèteront des voitures légères, ils construiront plus petit et plus facile à chauffer, ils achèteront local car moins cher, ils n’iront plus en vacances en avion, d’ailleurs les compagnies aérienne low cost auront fait faillite.

En 2050, l’essence coûtera très cher et ceux qui auront des véhicules à essence seront les militaires, la police, les services publics, les grandes entreprises et quelques riches nostalgiques. Les autres auront des vélos ou des mulets.

Et je vous garantis que, contrairement aux apparences, ce scénario est optimiste parce dans le scénario pessimiste « business as usual » nous sommes tous cuits.

Sortir du nucléaire

Il faut sortir du nucléaire parce que c’est une source d’énergie dangereuse, polluante sur le très long terme et qui provient de ressources importées et limitées. Et on aurait tendance à l’oublier, mais il s’agit également de la technologie qui permet de développer des bombes atomiques.

Je salue donc la décision récente du Conseil fédéral qui tient à ce qu’il n’y ait aucune nouvelle construction de centrales nucléaires.

Lorsqu’on voit la part actuelle du nucléaire en Suisse (40%) comparée à celle des énergies renouvelables hors hydro, on se dit que la tâche n’est pas facile.Si on considère également que notre réseau électrique s’est construit autour de grosses unités de production (centrales, barrages) et qu’on devrait le réorganiser pour avoir une multitude de petites unités, on comprend vite qu’on est face à un défi majeur. Lire la suite

Taxe sur l’énergie gaspillée et la pollution

Le principe de base de la Taxe sur l’Energie Gaspillée et la Pollution (TEGP)  est que chaque bien est taxé en fonction de l’énergie qui est nécessaire pour le produire et l’amener au consommateur ainsi que sur la nocivité du produit.

Cette taxe est exercée de façon cohérente et globale, elle remplace la TVA, la taxe sur le CO2, la taxe sur les huiles, la taxe sur les cigarettes, taxe sur les alcools, et toutes les taxes pouvant être remplacée logiquement par celle-ci. Lire la suite

Bourse Suisse de l’Énergie

La consommation énergétique Suisse continue d’augmenter tandis que plusieurs voix, officielles ou non, prédisent des difficultés d’approvisionnement avant 2020, aggravées par la sortie du nucléaire de plusieurs pays.

On peut considérer l’énergie comme un bien et un mal communs car les nuisances induites par sa production et sa consommation concernent tout le monde.

Sur ces considération, on crée une Bourse Suisse de l’Énergie qui distribue un quota de dépense énergétique pour tous les citoyens et personnes morales. Ce quota permet à chaque acteur d’acheter de l’énergie au prix du marché, local ou international. Les achats dépassant le quota sont taxés (la hauteur de cette taxe permet de fixer la limite supérieure du prix du quota).

La première année, le quota serait égal à la consommation de l’année précédente, par la suite il serait régulièrement réduit pour permettre une décroissance en douceur de la consommation énergétique.

Chaque acteur peut acheter ou vendre ses quotas auprès d’une bourse électronique, ou les donner directement. Lire la suite

Énergie

Etant donnés la croissance continue des besoins énergétiques de notre pays, la nécessité de réduire certaines sources, l’incertitude de certains approvisionnements et les impacts sociaux et environnementaux de leur extraction et/ou utilisation qu’il n’est plus possible d’ignorer :

La politique énergétique suisse devrait tendre vers une décroissance de l’utilisation de l’énergie et une restriction aux énergies durables produites localement, seules solutions pour une Suisse et un monde plus justes, plus propres et plus durables.

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